J’ai pris la décision de ne plus proposer de RDV en urgence il y a déjà quelques années. Et je sais que cela déplaît à certains, les raisons leur échappant. Je vais donc prendre un peu de temps pour expliquer la cause de ce choix.
Qu’est-ce qu’une « urgence » en ostéopathie ?
Commençons par préciser les termes : « en urgence ». Soyons clair, il n’y a aucune urgence en ostéopathie ! Tout ce qui compromet le pronostic vital, ou pourrait entraîner des séquelles si ça n’était pas vu sous huit jours ne relève pas de l’ostéopathie. Les médecins traitants, les urgences hospitalières ou SOS Médecins sont là pour ça et je n’ai pas les compétences pour m’y substituer.
Ce que les patients appellent donc « urgences » sont donc en général des douleurs vives qu’ils ont des difficultés à supporter.
Ces douleurs vives sont souvent difficiles à vivre, surtout si elles empêchent le sommeil ou si elles entravent l’autonomie ou limitent la capacité à effectuer une activité professionnelle.
Là encore, en première intention, cela relève d’abord du médecin traitant qui pourra faire les examens nécessaires (examens clinique – auscultation – et examens complémentaires – prise de sang, radiographie et échographie).
Il pourra également prescrire un traitement antalgique et anti-inflammatoire, voire myo-relaxant. Éventuellement associé à un anxiolytique ou équivalent si la tension est due à une période de stress particulièrement intense.
Si la douleur est très vive, cela peut être nécessaire. Tout cela bien sûr est en général à associer au repos.
Qu’est-ce qui ne devrait pas être considéré comme « urgence » ?
Ne devraient être dans cette catégorie de « Rendez-vous en urgence » que les douleurs d’apparition soudaine, puisque, ne pouvant anticiper sa survenue, le patient se retrouve brusquement dans la douleur.
J’ai assuré ce genre de créneaux « d’urgence » pendant des années. Pour être franc, les demandes qui m’étaient adressées s’avéraient, une fois en consultation, relever très rarement de cette soudaineté. La grande majorité des patients ont mal un peu, pendant quelques semaines, quelques mois. Il y a quelques douleurs vives momentanées, qui passent. Et un jour, une goutte d’eau fait déborder le vase, le corps sature, et ça coince. Et ils me contactent pour être vu tout de suite.
Mais tout cela était prévisible, les signes d’alerte étaient là.
Pourquoi je ne le propose plus ?
Longtemps donc, j’ai pallié au manque d’anticipation. J’accordais des rendez-vous en sus des horaires d’ouverture du cabinet, sur mon temps de repos. Régulièrement les patients qui m’appelaient dans la journée pour être vu le jour même, ne venaient même pas au rendez-vous pourtant accordé le soir-même…
Et je voyais souvent les mêmes patients en « urgence ». Ils refusaient d’entendre les signes d’alerte, et ne venaient que lorsqu’ils ne pouvaient plus bouger. Ils ne faisaient aucune séance d’entretien, je les voyaient donc uniquement « bloqués » tous les deux-trois ans par exemple.
Les séances dans un contexte de grande douleur sont complexes, délicates, et limitées dans les techniques possibles. De plus, je ne peux pas m’attaquer au cœur du problème, je ne fais que relâcher et calmer les conséquences les plus visibles du problème sous-jacent.
A la longue c’était lassant… Et épuisant ! Puis j’ai réalisé qu’accepter de prendre systématiquement ces personnes en phase aiguë n’était pas leur rendre service. J’ai donc arrêté, et je tente désormais d’apprendre au patient, avec plus ou moins de réussite, le fait d’écouter les messages du corps. Et donc d’anticiper.
Je sais que certains patients m’en veulent. Je reçois régulièrement des messages très agressifs. On me reproche ma façon de gérer mon agenda, on tente de me forcer la main…
Mais je ne me considère pas comme indispensable, et ne souhaite pas créer de relation de dépendance entre les patients et moi, ni n’envisage ma profession comme un sacerdoce. Si je peux vous recevoir très rapidement, très bien. Si je ne peux pas, soit cela est du ressort du médecin et des « mesures de bon sens » (prise d’antalgique, repos au lit, au chaud, le temps que ça s’atténue un peu ou que le créneau disponible arrive), soit vous pouvez vous tourner vers des confrères / consœurs qui proposent ce type de créneaux.
J’ai très régulièrement des patients qui reviennent me voir après être allé voir un confrère en urgence.
S’ils reviennent c’est qu’ils trouvent que ma pratique leur convient mieux, et souvent ces patients apprennent à anticiper… Ou alors à la phase aiguë suivante, ils patientent jusqu’à mon prochain créneau libre.
J’imagine évidement que sur le nombre certains sont également allé voir un confrère en urgence et en ont été satisfait. Ils poursuivront alors avec lui. Et c’est très bien aussi ! Ce qui compte c’est que vous trouviez un praticien qui vous convient. Que ce soit moi ou un autre.
Dans tous les cas, sachez que je comprends votre situation. Je sais ce que c’est que d’avoir mal, d’être angoissé. Je vous demande juste de comprendre également la mienne.
Je vous remercie d’avance.
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A bientôt.
Hugo Rossignol – Ostéopathe et Biokinergiste à Vannes